La Bourse de Casablanca demeure absente des radars

La Bourse de Casablanca demeure absente des radars

Quand le MSCI Emerging Market, cédait 9 ,2% en août avec des pics de -11,8% en Egypte ou -10,2% en Turquie, le MSCI Maroc n’a cédé que 3,51%. D’où la question sur l’absence de lien entre la Bourse marocaine et les marchés internationaux.

Farid Mezouar, expert à Casablanca en finance des marchés

La réponse à cette question est délicate car plusieurs éléments contradictoires peuvent émerger. En effet, au niveau des chiffres, en 2014, le stock d’investissement des étrangers et MRE en actions cotées s’élève à 152,5 milliards de dirhams, soit 31,47% de la capitalisation. Toutefois, ce sont les participations stratégiques qui dominent l’investissement étranger en actions cotées, car la part flottante de l’investissement étranger à la Bourse de Casablanca n’est que de 15 milliards de dirhams soit 3,18% de la capitalisation boursière.
Par ailleurs, si nous avons comparé en introduction, le Maroc à des marchés émergents, ceci est un peu biaisé car depuis le milieu de l’année 2013 le Maroc a été déclassé du MSCI Emerging Market vers le MSCI Frontier Market. Justement, le MSCI FM Africa n’a baissé que de 5,84%, vu la baisse de l’intérêt des investisseurs. Aussi, même dans cet indice, le Maroc ne pèse que près de 6% loin du Koweit (30%) ou du Nigéria (20%).
Dans ce cadre, le mal endémique demeure celui de la liquidité. Ainsi, BAM avait constaté que le manque de liquidité s’est aggravé en 2014 avec un ratio de liquidité qui a rechuté à 8,25% en 2014, soit le niveau de liquidité le plus bas des six dernières années. Ceci dit, plus que la cherté, la liquidité constitue l’handicap majeur du marché boursier, notamment avec une faible profondeur, faisant fuir les investisseurs étrangers. De plus, en faisant fuir les gros investisseurs, la faible liquidité fait que les petits mouvements (à l’échelle internationale) font baisser, de leur côté, le marché marocain. Toutefois, si les étrangers présents décident pour une raison ou une autre de réduire de 10% leur exposition au Maroc, ces 1,5 milliards de dirhams feront du mal au MASI car la Bourse ne brasse en moyenne au marché central qu’un volume quotidien moyen de 115 millions de dirhams.
En conclusion, le marché boursier marocain est dans une situation délicate où le dévissage des Bourses mondiales, le touche avec une moindre ampleur. Aussi, quand les marchés sont euphoriques, la Bourse marocaine n’en profite pas, vu son absence du radar des grands investisseurs.

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