Un déficit budgétaire à 4,3%, un pari tenable ?

Un déficit budgétaire à 4,3%, un pari tenable ?

Les réformes engagées au niveau de la compensation et la détente des prix des matières premières sur le marché mondial augurent une bonne année 2015 pour nos finances publiques. Les prévisions du gouvernement sont confortées par les analyses du FMI et des agences de notation. L’allègement de la facture énergétique devrait permettre au Maroc de dégager des ressources supplémentaires pour financer notamment l’investissement public. Mais attention à la masse salariale !

Le gouvernement atteindra-t-il en 2015 son objectif d’un taux de croissance du PIB de 4,4%, sur la base d’un déficit budgétaire de 4,3% ? La situation des finances publiques à fin novembre 2014 et l’accalmie des prix des produits pétroliers sur le marché mondial confortent en tout cas le gouvernement dans ses prévisions. Cette accalmie a déjà permis à l’État de boucler l’année 2014 avec une légère marge de manœuvre budgétaire pour l’exercice 2015. La Banque centrale a annoncé la couleur, lors de son dernier Conseil de décembre. Bank Al-Maghrib (BAM) y a retenu les prévisions de la Loi de finances (LF) 2015, à savoir un déficit budgétaire de 4,3% l’année prochaine.

BAM a surtout avancé l’argument de la conjoncture mondiale qui reste marquée par la poursuite du repli des prix des produits énergétiques avec en particulier une diminution pour le Brent de 26% en novembre (prix du baril qui est descendu courant décembre en dessous de la barre des 60 dollars). Sachant que la LF 2015 a été établie sur la base d’un baril à 105 dollars, d’importantes économies seront probablement aussi réalisées au niveau du budget de la compensation. Et partant, renforcer l’équipe Benkirane dans son choix d’en finir avec la subvention des hydrocarbures.

Ce désengagement total a été entériné le 26 décembre 2014, suite à la signature d’un accord d’homologation des prix des produits pétroliers entre le gouvernement et les grands distributeurs en ces produits en vue d’atteindre en 2015 une décompensation de ces produits et une libéralisation totale du marché. Cette libéralisation des prix touchera les trois produits pétroliers (gasoil, essence super et fuel) après une décompensation définitive du gasoil.

Le recours à la dette réduit ?

Pour le Maroc donc, l’allègement de la facture énergétique devrait permettre de dégager des ressources supplémentaires pour 2015. Notons qu’au terme des onze premiers mois de l’année, l’État a économisé 9 milliards de DH au titre de la Compensation (33 milliards contre 42,6 milliards en 2013), selon les derniers chiffres publiés par la Trésorerie générale du Royaume (TGR). Et globalement, le déficit du budget s’est allégé de 5,3 milliards, passant de 54,9 milliards fin novembre 2013 à 49,6 milliards pour la même période en 2014.
L’amélioration des comptes publics réduirait également le financement des dépenses par la dette. Mais pour parer à toute «secousse» extérieure, le gouvernement table tout de même sur la deuxième Ligne de précaution et de liquidité (FMI), accordée au Royaume par le Fonds monétaire international (FMI). D’un montant de 5 milliards de dollars (dont 4,5 milliards mobilisables dès la première année), l’accord relatif à cette LPL a été signé en juillet 2014. L’ensemble de ces éléments devrait donc permettre au gouvernement de tenir le pari de ramener le déficit budgétaire à 4,3% du PIB en 2015. Début novembre 2014, les experts de l’agence de notation américaine S&P avaient déjà prévu que, au vu du rythme des réformes engagées par le gouvernement marocain, l’objectif de ramener le déficit budgétaire à un peu plus de 3% du PIB d’ici 2017 (au lieu de plus de 7% en 2012) est réalisable.

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