Xinjiang, l’exploit chinois…

Xinjiang, l’exploit chinois…

Longtemps sujet de conflit entre la Chine et plusieurs de ses voisins, la région la plus vaste de la République, Xinjiang, a gagné, économique en quelques années ses lettres de noblesse. Portée par ses secteurs agricole et énergétique, la croissance économique de la région a dépassé le seuil de 10,8% en 2014. La Chine a su, en effet, gouverner d’une « main de fer flexible », la région pour impulser une croissance des plus rapides dans l’Empire du milieu. (Suite)

Par Nasser Bouchiba, Canton, sud de la Chine

Quand la Chine redéfinit sa vision de la régionalisation avancée cela s’appelle, Xinjiang. En effet, conscient qu’il s’agit, vue les contextes historique, ethnique et politique d’un terroir à risques, Pékin a cherché à redynamiser l’économie de la région de sorte à créer une croissance capable d’absorber les sources de tension.
Déjà bénéficiaire de la politique du « Go West » mise en œuvre depuis 2000, la région Xinjiang a fait l’objet de politiques préférentielles supplémentaires depuis les émeutes qui ont éclaté dans sa capitale, Ürümqi, en 2009. Au même temps, les plus importantes entreprises étatiques, telles que, Sinopec, State Grid Corporation, Shenhua Group, ont apporté leur soutien financier et technique au développement de la région.
Pékin a vite compris que par sa localisation, la région doit être au cœur du projet de relance des Routes de la Soie, à travers, notamment, l’initiative « une Ceinture, une Route » qui vise à renforcer la connectivité entre la Chine et l’espace eurasiatique, par le billet de développement d’un large réseau d’infrastructures. Dans ce cadre, la diversification des voies d’accès aux ressources énergétiques via le développement de nombreux projets de constructions de gazoducs et d’oléoducs avec les pays d’Asie centrale ont été un centre d’intérêt pour cette initiative.
Selon les sources officielles, 230 projets d’infrastructures liés à l’initiative « Une Ceinture, une Route » sont actuellement en construction et 60 nouveaux projets devraient être lancés en 2015 pour un coût total dépassant les 1200 milliards de yuans, environ 193 milliards de dollars. En 2014, le PIB de la région représentait 926 milliards de yuans. L’industrie lourde est l’une des composantes essentielles du dynamisme économique de la région, en 2014, sa contribution à la production industrielle totale du pays s’est établie à 88%. Selon un bulletin économique officiel le volume des IDE entrants dans la région de Xinjiang, a fortement progressé, les dernières années. Ce ci dit, la croissance annuelle moyenne des IDE a été de 43 % entre 2006 et 2010 contre 9 % à l’échelle nationale sur la même période. A comparer, par exemple, avec les années 1980, les IDE réceptionnés par Xinjiang provenaient exclusivement de Hong-Kong, en 2012 encore, 41,3% des IDE entrants provenaient, uniquement, de Hong-Kong, Macao et Taïwan.
Désormais, Xinjiang reçoit des IDE en provenance de 38 pays différents, particulièrement, des États-Unis, du Canada et de la Russie… Pour ces investisseurs, les infrastructures de transport, de stockage et de télécommunications, les industries extractives sont des opportunités attractives. Comme quoi le gain n’a pas de nationalité.

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